retour acceuil

Ils sont revenus, ils sont là, ils m’accompagnent. Ce sont les miens, mes égarés du temps, mes esprits frappeurs, mes anges gardiens.Tels des porteurs de souvenirs, ils mènent mon bateau d’une rive à l’autre sur la surface des eaux tantôt calme, tantôt tumultueuse de ma vie. Ils me font avancer toujours plus loin jusqu’aux confins de moi. Ils permettent de m’échapper des ténèbres, de tendre mon visage vers la lumière et tracer ma route pour dire les expatriations, les voyages de l’âme et magnifier la nostalgie de mes rêves. Ils m’invitent à regarder mon propre visage dans le miroir du quotidien pour supporter les blessures qu’inflige le temps. Ils veulent que les sourires et les bonheurs dirigent mes évènements vers le haut. Ils sont bribes de vécu, réalités et phantasmes, utopies et espoirs. Ce sont les miens. FH
CHRONIQUE DES JOURS ORDINAIRES - LE BLOG DE M HOSLAF

retour ISM LITTERA


 

PRINTEMPS
Ce fut mon anniversaire le 11 mars. A part le fait de me savoir un peu plus vieux que d'habitude, l'événement n'avait au demeurant rien d'extraordinaire. Je crois et j'en suis persuadé que le temps n'a pas de prise sur la vie elle-même, c'est elle qui est limitée à une durée intemporelle quantifiée de manière normative par la société. Maintenant, c'est une douce sagesse qui s'installe dans mon corps et dans mon esprit, une quiétude comme on n'en connait qu'avec parcimonie dans sa vie. Appelle t'on cela le bonheur ? Une certaine ressemblance, un coté adjacent à cet état physique et intellectuel que l'on recherche sans cesse me fait évoquer un retour sur soi, dans le cocon familier d'une enfance perdue de laquelle chacun tend à s'approprier ce qui en reste au fil du temps qui passe. Les souvenirs se bousculent dans ma tête, désordonnés et parfois confus et y remettant de l'ordre, je navigue entre les images et les mots qui se présentent à moi comme autant de trésors enfouis dont l'héritage me vient de loin. Il est un dicton arabe que je considère vrai et selon lequel il faut penser au passé pour éviter qu'il revienne. Le passé nous hante chaque jour, mais il a cela de rassurant qu'il forge plus que jamais l'avenir sous des hospices plus rassurants parce qu'il constitue l'expérience nécessaire sans laquelle les actions d'aujourd'hui seraient un cauchemar permanent. Alors je me suis forgé la religion d'essayer de concilier les deux, mais sans garantie d'y parvenir à chaque fois. 

Les élections régionales sont un véritable casse-tête pour le pouvoir en place. Elles traduisent forcément les mécontentements éprouvés depuis 2007 : les postures du bling-bling pas du tout oubliées dans la conscience commune, l'étalage de vies privées, l'accès à des domaines interdits au commun des mortels qui est l'apanage des gens de pouvoir, le renoncement aux promesses rabâchées durant la campagne des élections présidentielles sur le pouvoir d'achat, la baisse du chômage, le mieux vivre dans les cités, la cohésion, l'accès aux services publics de soins, de justice, de la culture, bref de tout ce qui a fondé le vivre ensemble, le partage de valeurs tel qu'il eut cours du temps des fondateurs de la république. En plus,  les déficits des comptes nationaux sont plus qu'inquiétants, pour ne se limiter qu'a cette terrible observation. On interroge sans obtenir de réponse satisfaisante, d'où le constat amer d'un chacun pour soi cultivé à outrance. Un échec annoncé et confirmé depuis lors. Mais c'est aussi la sanction de ce que le pouvoir voulait imposer concernant l'appartenance à une certaine identité nationale et qui a été dévoyée par opportunisme politique. J'ai entendu ce soir à la télé des intervenants sur des sujets divers. Aucun cependant, n'était en mesure d'inclure dans son vocabulaire stéréotypé un semblant de "Menschlichkeit" et tous se lamentaient sur l'abstention qui est la preuve d'une désaffection électorale qui ne cesse d'élargir le champ invisible des possibles en politique. Les discours restent plats et redondants et ne suffisent plus à emporter la conviction du plus grand nombre de construire ensemble sur la base France. La destruction d'acquis depuis le nouveau quinquennat a entraîné les désastres annoncés qui vont ainsi éclater au grand jour les uns après les autres, sans que personne ne puisse vraiment plus les contenir.  

Les jours se rallongent et la luminosité émerge au sortir de cet hiver insensé qui cassait le moral des êtres fragiles tant la désespérance des matins s'installait de facto. Sœur Anne ne voyait plus rien venir à l'horizon. Une luminothérapie vive profiterait volontiers aux esprits chagrins qui s'inviteraient ainsi à voir plus de "clarté" en eux, comme j'essaye de le faire. Il y a plus que jamais un besoin de lumineux, de bleu-ciel et d' étendus vastes irradiants devant les yeux et dans le for intérieur pour surmonter les derniers remparts qui bloquent le saut dans ce nouveau printemps qui se fait désirer. 

M. Hoslaf